«                                                            »

Le travail actuel déploie un vaste paysage de corps de réflexions et de voies techniques. Les passages écrits et les titres tissent un sentier où la pensée conceptuelle se lie à l’être empirique. Cette unité est à l’initiative d’une connexion et mise en relation de tous les corps de réflexions: l’être social, amoureux, empathique, combatif, travailleur, sa santé corporelle, spirituelle et financière, sa survie, les risques, le doute dans l’œuvre (accomplie), les échecs et les succès, le vous/nous, le toi/moi, les inclusions et exclusions sociétales accompagnées des préjugés, mécompréhensions et malentendus. 

 

Ces différentes voies d’une pratique artistique prospectent/visitent/sondent/explorent les moments autobiographiques.

Tranquillement véritables, ces arrêts sur image empiriques évoluent un par un, et tous à la fois, se lient en une force qui édifie et assemble le centre de ma recherche.

L’âme de ces corps entoure les pensées, les emmène loin, hors de leurs propres conceptions, les fragilise et les rend perméables. 

C’est alors que s’installe l’hypothèse, qu’une prise de conscience par la parole solitaire, idées conceptuelles ou expressions poétiques - tel que les unités d’habitation qui abritent ce corps réel de la personne, celle qui crée ces corps de réflexion et les définit comme quintessences d’un potentiel -, a la capacité et la puissance d’un mode privé chaud à se se lier avec amitiés et revendications au mode public. 

 

Les textes*/objets/photos/dessins/peintures resurgissent dans d’autres compositions à un autre moment d’avancement d’une pensée, les multiples extraits visuels d’une historique empirique se constituent ainsi molécules d’un corps nouvellement construit. 

*Les extraits de paroles sur la surface du dessin et de la peinture, les titres du corps photocomposit, les textes qui participent aux installations deviennent tridimensionnels, comme les objets faits pour et pouvant s’intégrer dans une photographie qui puisse faire partie dans un autre contexte d’un photocomposit.

 

La scénographie du photographic sketch révèle la synthèse d’un travail présentée dans une suite rythmée et orchestrée d’images. Le photographic sketch montre le parcours d’une pensée plus ample, avec l’aisance et la légèreté des pas autobiographiques, et également, de quel façon ces corps sont transportés dans l’espace public, vers une audience qui se permet de succomber à la vitesse et à l’opulence de ces connections synaptiques, la vitesse de l’émergence de ces constellations visuelles débordantes, transcendantes, nous entrainant dans notre propre méditation. C’est une technique de déstabilisation, d’ouverture à la perméabilité, à l’allégresse1 des synapses sollicités.

 

recyclage et réintégration

d’objets, prises de vue

s’entrelacent ou se combattent,

aphorismes2 et anthologies 

bribes de réflexions 

s’envolent, transpercent, perforent, cribles et 

déchirent

cet être à corps biographiques

cette anthologie du désir, 

de défaillance et d’échec

ce trespass3

de joie et d’amour

zapper le savoir cognitif 

savourer 

s’abandonner

sexy!

1  jubilaire, danse d’allégresse — Jubel, Freudentanz

 Robert Musil (1880–1942): Aphorismus: das kleinste mögliche Ganze — l’aphorisme: la plus petite unité possible

3  transgression, irruption, le trouble, le pêché! — Einbruch, Übertretung, verbotene Eigenmacht, Sünde!

Marseille,  octobre 2019

© denise lasagni